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L’auteur

La Bio de l’auteur, par sa créature, le commandant P.A.Leoni

Sujet : Elena Piacentini
Résident actuellement à : Lille
Situation familiale : mariée, 2 enfants
Situation professionnelle : consultante RH le jour, auteur de polars la nuit

Née un 5 novembre à Bastia.

Elena Piacentini

Elena Piacentini - Photo de Georges Nahra - Cette image est disponible sous la licence double licence GFDL et Cc-by-sa.

Près de 10 années de liberté totale dans un petit village à la limite sud-est de la Castagniccia, au milieu des chèvres et du maquis. De là, probablement, son indéfectible attachement à l’animal frondeur et facétieux et son penchant à donner de la corne sous la contrainte. Sans parler du goût pour le fromage… Aucun délit répertorié à mentionner durant cette période… A part peut-être la mystérieuse disparition d’un âne, mais l’animal ayant tout aussi mystérieusement réapparu, les principaux intéressés se sont refusé à me livrer davantage de détails.

Puis direction Corti et le lycée Pascal Paoli pour son entrée en 6ème.  Après les escapades dans le maquis, les voyages imaginaires. Baudelaire, Poe, mais aussi Gaston Leroux, Maurice Leblanc, Maupassant, pour ne citer qu’eux, dont les atmosphères, chacune particulière mais toutes prégnantes, l’ont profondément marquée.

En 3ème -jaune, ça ne s’invente pas- elle participe à un concours de poésie organisé par l’Anthologie de la jeune poésie française (ça non plus, ça ne s’invente pas !). Portée (tirée même) par son professeur de français d’alors (un pédagogue émérite et un homme tout à fait charmant au demeurant, j’ai eu l’occasion de m’entretenir longuement avec lui dans son village du Bozziu), elle est sélectionnée et gagne son billet pour Paris. La lecture de son poème par un pingouin endimanché en plein cœur d’une 16ème cocktail party restera à jamais une expérience douloureuse (une information que je tiens de source sûre).
Les centaines de pages noircies sont désormais condamnées à la réclusion à perpétuité, sans espoir de remise de peine.
En synthèse, une scolarité sans histoires d’après les témoignages de ses divers professeurs, lesquels n’ont eu à se plaindre que de ses bavardages.

1986, Baccalauréat (scientifique, ben oui, il n’y a pas de honte) et première traversée – sans statut de simple touriste – de la Méditerranée, pour intégrer la prépa HEC du lycée Massena à Nice. Les seuls évènements marquants de cette intense période de bachotage, sont la découverte de la vraie cuisine niçoise et l# ######### ## #######. Je préfère rester prudent, ce rapport pourrait tomber entre de mauvaises mains.

De 1988 à 1991, nouvelle progression vers le nord, en partance vers les atmosphères humides de la Normandie pour 3 années à l’ESC Rouen. On l’a aperçue à Etretat, plongée dans la contemplation de la fameuse aiguille creuse où plane encore le fantôme d’Arsène, l’un de ses nombreux pères spirituels.

1991, un pas de plus vers les nuages et un autre dans l’âpre réalité de l’entreprise : elle intègre les rangs d’une grande entreprise française de travaux publics à Paris. Et elle s’évade chez Brentano’s pour découvrir, in english please, les vraies aventures de James Bond. Celles où il n’en ressort pas aussi indemne qu’on aurait tendance à le croire en visualisant ses exploits sur grand écran (et c’est tant mieux parce qu’à la longue, ça peut devenir énervant, un mec toujours impec dans son costume et qui fait mentir la fameuse loi « tout corps plongé dans un liquide en ressort mouillé, tout corps plongé dans une bagarre en ressort amoché »).

1993 : après plusieurs séjours d’acclimatation, les cartons de déménagement atterrissent à Lille et elle rejoint une entreprise de formation et de conseil en Ressources Humaines. A regarder la petite île, tout en bas de la carte, le voyage peut donner le vertige. Difficile d’aplatir encore le grand écart. Mais, selon elle (et je confirme), la ville est riche d’une belle atmosphère, voire d’un soupçon d’exotisme pour qui a grandi  la tête dans les châtaigniers et les orteils dans la Grande Bleue. Quant aux gens du Nord, je la cite : « « Bah ! Sur eux tout a été dit, parfois bien mal d’ailleurs et le pire souvent embusqué derrière le meilleur mais les gens du Nord  sont des gens  aimables, littéralement, c’est-à-dire dignes d’être aimés. »

1997, une première princesse, Aliénor,  et un « intermède » parisien de 6 ans. Les Ressources Humaines, toujours, mais en free lance. Et malgré le bonheur de pouvoir faire du lèche- tableau dans les plus belles galeries du monde, l’atmosphère ressentie de la ville reste trop superficielle, à la fois furtive et pesante, pour y goûter le vrai plaisir du dépaysement.
Sa présence a été confirmée à de nombreuses reprises au Jardin des Plantes. Au nombre de ses multiples espèces végétales, le lieu compte en effet deux magnifiques pins Laricci. Il paraît que le vent, en glissant dans leurs branches, chante le « Dio vi salve Regina ».

2003, les valises à nouveau en transit pour la capitale nordiste. Une halte définitive entre deux allers-retours vers le village Corse qui, loin de rétrécir avec le temps, s’étire de ses milliers de connexions avec le monde. C’est aussi l’année de la naissance de la deuxième princesse : Roxane. Ah ! Les filles !

En 2005, l’idée prend forme. Je suis en gestation… Quelque part dans sa bibliothèque personnelle où les polars côtoient les histoires de Poe, les poèmes de Charles le maudit et les souvenirs d’été imprégnés de la nostalgie du retour, mon cœur commence à battre. Doucement, à bas bruit, mais avec une régularité rassurante. Déterminée.

2006, le défi est relevé, je suis un Corse à Lille.
Février 2008, mes premiers pas à la PJ de Lille sont publiés chez Ravet-Anceau. J’ai des nerfs, une enveloppe charnelle, des peurs et des désirs, je rejoins sa famille. Je lui appartiens autant qu’elle m’appartient. Ce ne sont que les débuts des nombreuses turpitudes qu’elle me concocte, le soir, dans cet état second où la conscience glisse doucement vers le pays des songes, enfin, plutôt des cauchemars en ce qui me concerne.

Fin 2008, pour elle, la vie a perdu un peu de son éclat, beaucoup de sa douceur. Angèle-Catherine, affectueusement surnommée Angelotta, a raccroché son tablier et cessé de tenir son monde fragile à bout de bras. Mais la « petite », a passé suffisamment de temps aux côtés de l’aïeule, s’est laissée frictionner le corps tant de fois par ses mains rêches et affectueuses que la vénérable a réussi à glisser de sa force dans ses os et un peu de sa magie dans son âme.

Mémé Angèle, elle, reste fidèle au poste, immortelle. Elle me redresse. Me gronde. Me console. Veille sur ma destinée. Elle est mon Nord.
Art brut en 2009, puis Vendetta chez les chtis en 2010.

En 2011, je plonge dans Carrières Noires.